Assemblée nationale : politique culturelle

21 avril 2008
Séance de l'Assemblée nationale
(extrait)

Pascale Crozon

Circonscription d'élection : Rhône (6ème)
Groupe politique : Socialiste, radical, citoyen et divers gauche
Commission : Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales


Mme Pascale Crozon
Madame la ministre de la culture, l’austérité budgétaire inquiète tous les professionnels. En Rhône-Alpes, la baisse de 4 à 6 % qui touche les compagnies conduit les petites scènes et les festivals à retarder la publication de leurs programmes et menace de disparition les compagnies indépendantes. Pour les actions culturelles en faveur du monde rural et des quartiers de nos villes, qui sont pourtant un élément essentiel du lien social, les réductions atteignent 35 à 56 %. L’État va-t-il de plus en plus se défausser sur les collectivités territoriales, qui pourtant assument déjà largement leurs responsabilités en matière culturelle ?

Le fait d’enlever des moyens financiers à votre ministère ne va guère modifier notre déficit, mais il aura de graves conséquences sur l’aménagement de notre territoire. La démocratisation de la culture, première priorité de votre lettre de mission, devient la première victime de vos choix budgétaires. Quels engagements financiers pouvez-vous prendre pour garantir la pérennité des diverses structures qui y participent ? (applaudissements sur les bancs du groupe SRC)


Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication – Je crois que nous ne parlons pas du même pays… (exclamations sur les bancs du groupe SRC) L’offre culturelle demeure très soutenue. Le spectacle vivant bénéficie de 640 millions ; les crédits ont augmenté de plus de 40 % au cours des dix dernières années, et le dégel qui est intervenu a permis de conforter, en particulier en Rhône-Alpes, les moyens de l’immense majorité des compagnies. Toute l’Europe envie notre système.

En ce qui concerne le programme « transmission », l’accent a été mis sur l’éducation artistique ; les DRAC et les recteurs vont recevoir une circulaire que j’ai cosignée avec Xavier Darcos à ce sujet.

Il n’y a pas de désengagement, mais en revanche une réflexion d’ensemble, bien légitime cinquante ans après la création du ministère, sur le sens de l’action de l’État, la nature de l’offre culturelle et le type de partenariat qu’il convient d’avoir avec les collectivités. Soyez sûr de notre volonté politique, qui se traduit aussi dans le domaine du livre, du cinéma – dont les crédits ont augmenté de 4,5 % – ou des industries musicales, et qui ne fera pas défaut (applaudissements sur les bancs du groupe UMP).