Assemblée nationale : Publicité audiovisuelle

Source : site de l’Assemblée nationale
Mardi 15 janvier 2008



Michel Français

Circonscription d'élection : Oise (3ème)
Groupe politique : Socialiste, radical, citoyen et divers gauche
Commission : Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales



M. Michel Françaix – Ma question s’adresse à madame la ministre de la culture.

Qui n’a pas fait cette expérience de s’être laissé abuser par une bande-annonce de film et d’avoir vu ensuite un navet ? Eh ! bien, nous avons un gouvernement de la bande-annonce, et comme président un brillant bonimenteur ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR).

Une fois de plus, avec la suppression de la publicité sur les chaînes du service public, vous préférez la mise en scène à la mise en perspective. En théorie, rien de plus normal que de faire financer les télévisions privées par le privé et de laisser le financement public au service public. Mais il y a incompétence ou tromperie à faire croire que vous allez trouver les 1,2 milliard qui seront nécessaires par une taxe sur la publicité des chaînes privées. Il faudrait pour cela taxer de 25 % l’ensemble des publicités de ces chaînes et de 2 % internet et la téléphonie mobile.

Comme vous ne voudrez pas faire de peine à vos amis, le rêve va tourner au cauchemar pour le service public, avec la vente de France 2 ou France 3, la fermeture définitive d’une chaîne, ou une perte de moyens qui ôtera au service public son identité. La combinaison de ces mesures n’est d’ailleurs pas exclue. On sait à qui profite le crime. Ce sera au moins une mesure de relance du pouvoir d’achat pour les actionnaires de TF1, M6 et Bouygues !

Madame la ministre, voici un feuilleton qui ne fait que commencer. La mort du service public fait-elle partie de votre contribution à la politique de civilisation voulue par le Président de la République ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR ; exclamations sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC).



M. François Fillon, Premier ministre – Voilà une belle illustration du conservatisme et du double langage du parti socialiste ! (Vives exclamations sur les bancs du groupe SRC) Depuis 1981, tous ses programmes ont préconisé la suppression de la publicité pour le financement des chaînes de télévision publique (Même mouvement).

M. Jean Glavany – C’est faux !

M. le Premier ministre – Or, vous aviez raison, car il n’est pas normal que le service public soit financé de la même manière que les chaînes privées. Le financement publicitaire a conduit à une standardisation des programmes de télévision. Les Français qui paient la redevance sont en droit de demander une télévision différente (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC). Vous devriez donc applaudir à la proposition que nous avons faite.

Nous allons proposer les financements qui remplaceront les recettes publicitaires et travaillerons avec le Parlement à un nouveau cahier des charges pour la télévision publique qui nous permettra de défendre la culture, l’éducation, l’information telles qu’elles doivent être défendues par le service public (Exclamations sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR). Mobilisez-vous donc avec nous ; aidez-nous à conduire cette aventure dont vous aviez si longtemps rêvé et que vous avez été incapable de réaliser ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC)