Source : site de l'Assemblée nationale
le mercredi 23 janvier 2008
M. Patrick Bloche – Madame la ministre de la culture et de la communication, en huit mois, le Gouvernement n’a cessé de soumettre les fondements de nos politiques culturelles et audiovisuelles publiques à des attaques sans précédent qui soulignent l’indécence de l’appel du Président de la République aux enjeux de « civilisation ».
Chaque jour, on laisse un peu plus libre cours à la marchandisation de la culture. Ainsi, l'enseignement artistique fait l'objet d'un rapport cynique écartant d'emblée tout financement supplémentaire de l'État ; les crédits d'accès à la culture connaissent une chute drastique que ne saurait dissimuler le lancement d’une opération soigneusement médiatisée à Villiers-le-Bel ; les monuments historiques, de plus en plus menacés, fournissent le prétexte d’une nouvelle taxe pesant sur les consommateurs ; quant au spectacle vivant, ses professionnels et ses structures indépendantes et associatives, mais aussi institutionnelles, sont de plus en plus précarisés. Sommées de colmater les voies d’eau budgétaires de l’État, les collectivités locales n’en peuvent plus.
Pour couronner le tout, Nicolas Sarkozy vient d’annoncer inopinément son intention de priver l’audiovisuel public de ses ressources publicitaires. Comment trouver 1,2 milliard afin de permettre à France Télévisions de survivre ? Les propositions se multiplient ; quoi qu’il en soit, pour le Gouvernement, « donner c'est donner, reprendre c’est voler » : il n’est pas question de prendre dans les poches de M. Bouygues Telecom les étrennes généreusement versées à M. Bouygues Télévision ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)
Qu'à cela ne tienne : pour payer le cadeau fait aux « copains » du Président, on mettra donc à contribution le consommateur en taxant les achats de téléviseurs, d'ordinateurs ou de téléphones mobiles – à moins de porter de 116 à 190 euros la redevance audiovisuelle et d’entamer ainsi un peu plus le pouvoir d'achat des Français !
Madame la ministre, poursuivrez-vous encore longtemps cette politique de complicité avec les grands intérêts privés qui risque de faire bientôt de la France le pays où la culture est une exception ? (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)
Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication – Voilà un tableau fort nuancé de notre politique culturelle, Monsieur le député ! (Exclamations sur les bancs du groupe SRC) Vous eussiez pu y ajouter les accords de l’Élysée sur le téléchargement illégal, l’expérimentation de la gratuité dans les musées, l’annonce dès la semaine prochaine, avec Xavier Darcos, d’un plan ambitieux pour l’éducation culturelle et artistique…
M. Patrick Roy – Répondez à la question !
Mme Christine Albanel – …mais aussi le plan livre, qui me tient particulièrement à cœur, enfin un ensemble de mesures destinées au marché de l’art. Grâce à ces dispositions, nous assurerons l’essor de notre création et le renouveau de nos industries culturelles.
Quant à la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, elle représente une grande chance pour l’audiovisuel public (Exclamations sur les bancs du groupe SRC). Nous nous sommes engagés à assurer une compensation dynamique, inséparable de la prise en considération de l’audience, sans mettre en péril le périmètre actuel. Lorsqu’ils auront accès à des émissions de qualité en première partie de soirée ou dès la deuxième partie de soirée, telle Apostrophes en son temps, les Français s’en féliciteront, comme ils se réjouiront des programmes pour tous publics – ainsi Patrick de Carolis vient-il de signer un accord de diffusion du tour de France (Exclamations sur les bancs du groupe SRC). Une diffusion audiovisuelle de qualité pour tous les publics : nous sommes fiers de ce choix courageux, comme de l’ensemble de notre politique culturelle ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et sur les bancs du groupe NC)
le mercredi 23 janvier 2008
| Patrick Bloche | |||
| Circonscription d'élection : | Paris (7ème) | ||
| Groupe politique : | Socialiste, radical, citoyen et divers gauche | ||
| Commission | Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociale |
M. Patrick Bloche – Madame la ministre de la culture et de la communication, en huit mois, le Gouvernement n’a cessé de soumettre les fondements de nos politiques culturelles et audiovisuelles publiques à des attaques sans précédent qui soulignent l’indécence de l’appel du Président de la République aux enjeux de « civilisation ».
Chaque jour, on laisse un peu plus libre cours à la marchandisation de la culture. Ainsi, l'enseignement artistique fait l'objet d'un rapport cynique écartant d'emblée tout financement supplémentaire de l'État ; les crédits d'accès à la culture connaissent une chute drastique que ne saurait dissimuler le lancement d’une opération soigneusement médiatisée à Villiers-le-Bel ; les monuments historiques, de plus en plus menacés, fournissent le prétexte d’une nouvelle taxe pesant sur les consommateurs ; quant au spectacle vivant, ses professionnels et ses structures indépendantes et associatives, mais aussi institutionnelles, sont de plus en plus précarisés. Sommées de colmater les voies d’eau budgétaires de l’État, les collectivités locales n’en peuvent plus.
Pour couronner le tout, Nicolas Sarkozy vient d’annoncer inopinément son intention de priver l’audiovisuel public de ses ressources publicitaires. Comment trouver 1,2 milliard afin de permettre à France Télévisions de survivre ? Les propositions se multiplient ; quoi qu’il en soit, pour le Gouvernement, « donner c'est donner, reprendre c’est voler » : il n’est pas question de prendre dans les poches de M. Bouygues Telecom les étrennes généreusement versées à M. Bouygues Télévision ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)
Qu'à cela ne tienne : pour payer le cadeau fait aux « copains » du Président, on mettra donc à contribution le consommateur en taxant les achats de téléviseurs, d'ordinateurs ou de téléphones mobiles – à moins de porter de 116 à 190 euros la redevance audiovisuelle et d’entamer ainsi un peu plus le pouvoir d'achat des Français !
Madame la ministre, poursuivrez-vous encore longtemps cette politique de complicité avec les grands intérêts privés qui risque de faire bientôt de la France le pays où la culture est une exception ? (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)
Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication – Voilà un tableau fort nuancé de notre politique culturelle, Monsieur le député ! (Exclamations sur les bancs du groupe SRC) Vous eussiez pu y ajouter les accords de l’Élysée sur le téléchargement illégal, l’expérimentation de la gratuité dans les musées, l’annonce dès la semaine prochaine, avec Xavier Darcos, d’un plan ambitieux pour l’éducation culturelle et artistique…
M. Patrick Roy – Répondez à la question !
Mme Christine Albanel – …mais aussi le plan livre, qui me tient particulièrement à cœur, enfin un ensemble de mesures destinées au marché de l’art. Grâce à ces dispositions, nous assurerons l’essor de notre création et le renouveau de nos industries culturelles.
Quant à la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, elle représente une grande chance pour l’audiovisuel public (Exclamations sur les bancs du groupe SRC). Nous nous sommes engagés à assurer une compensation dynamique, inséparable de la prise en considération de l’audience, sans mettre en péril le périmètre actuel. Lorsqu’ils auront accès à des émissions de qualité en première partie de soirée ou dès la deuxième partie de soirée, telle Apostrophes en son temps, les Français s’en féliciteront, comme ils se réjouiront des programmes pour tous publics – ainsi Patrick de Carolis vient-il de signer un accord de diffusion du tour de France (Exclamations sur les bancs du groupe SRC). Une diffusion audiovisuelle de qualité pour tous les publics : nous sommes fiers de ce choix courageux, comme de l’ensemble de notre politique culturelle ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et sur les bancs du groupe NC)